Étreinte de soi(e)

Les détails deviennent langage. Dentelle, franges et brandebourgs s'entrelacent en une écriture sensible et maîtrisée.

Il y a des collections qui naissent d'un paysage, d'une traversée, d'un souffle venu de l'extérieur.
Étreinte de soi(e) prend une autre direction. Celle du repli, de l'intériorité, du geste que l'on se réserve. Cette collection ne cherche pas à conquérir le dehors , elle revient vers soi, doucement…Le titre porte en lui une double promesse. L'étreinte, d'abord : ce geste d'enveloppement, de protection, de tendresse. La soie ensuite, matière de l'intime et du raffinement, écrite entre parenthèses comme un secret à peine dit. Soi et soie se confondent dans une même syllabe, se vêtir, ici, c'est aussi se toucher. Elle ramène le regard vers l'intérieur, vers l'intime,
vers ce qui se passe au plus près du corps.

La silhouette s'articule autour de deux pièces pensées en dialogue. D'un côté, un pantalon à plis en laine légère qui réconcilie structure et fluidité , la matière tient sans jamais contraindre, et le mouvement du corps la traverse avec aisance. Subtilement, en bas du pantalon, un brandebourg vient marquer une ponctuation inattendue : ce détail emprunté aux uniformes d'antan devient ici un signe de poésie textile, une façon de clore une phrase avec élégance. En haut, une chemise en soie fluide et aérienne, enrichie d'un col incrusté de dentelle aux bords frangés. Pièce modulable : à nouer tel un foulard, ou à porter simplement comme un col.

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L’appel du large